La maladie rénale chronique du chat
Santé et soin/octobre 19
Qu’est-ce que c’est ?

La maladie rénale chronique (MRC) est une des maladies les plus diagnostiquées chez le chat. On peut la retrouver chez les chats de tout âge, sexe confondu, mais sa prévalence augmente avec l’âge. Elle se caractérise par une perte de fonction rénale due à une destruction progressive et irréversible du rein. Cette perte de fonction progressive, dont la cause primaire est souvent inconnue, conduit à l’accumulation de toxines et de déchets dans le sang, normalement évacués par les reins. 

Les données en provenance des États-Unis suggèrent que parmi les chats âgés de plus de 12 ans, un sur trois présente une forme ou une autre d’insuffisance rénale
Lulich JP, Osborne CA, O’Brien TD, et al.
Feline renal failure: questions, answers, questions, Compendium on Continuing Education for the Practising Veterinarian, 1992; 14: 127-152

Les premiers symptômes visibles sont souvent non spécifiques. On retrouve un animal fatigué, au poil terne et amaigri qui mange moins voire plus du tout lors de stades avancés. Les premiers symptômes sont accompagnés d’une augmentation de la prise de boisson (appelée polydipsie) et de la quantité d’urines émises (appelée polyurie). Des vomissements peuvent également être présents. Il est important de comprendre qu’au début de la maladie la partie fonctionnelle du rein arrive à compenser la partie endommagée et, à ce stade-là les symptômes ne sont pas présents. On estime que les premiers symptômes n’apparaissent que lorsque approximativement 75% du rein, et plus précisément des unités de filtration appelées néphrons, est détruit [2]. Ce qui veut dire que le diagnostic est alors posé à un stade sévère de la maladie.


La prise sang et l’analyse urinaire sont les examens de choix pour confirmer le diagnostic après suspicion clinique. Des examens complémentaires sont parfois nécessaires comme une échographie ou encore une mesure de la pression artérielle, afin de rechercher une cause éventuelle ou un problème secondaire comme par exemple de l’hypertension, présente dans 19 à 40% des cas [3].


Dans la plupart des cas, le traitement mis en place aura pour but de ralentir l’évolution de la maladie et de réduire les symptômes associés afin d’améliorer la qualité de vie de l’animal. La maladie rénale chronique étant un processus évolutif irréversible, la guérison n’est malheureusement pas possible mais on peut en ralentir l’évolution.


Les animaux diagnostiqués tôt peuvent très bien répondre au traitement et vivre une vie confortable. Parfois cependant, l’apparition des signes cliniques peut être soudaine et très sévère. Dans ces cas-là le pronostic vital est sérieusement engagé.


Plus tôt la maladie est détectée, plus vite le rein pourra être protégé, c’est pourquoi il est conseillé de faire des contrôles de routine chez votre vétérinaire dès l’âge de 7 ans afin de vérifier la fonction rénale de votre animal.


Un groupe d’experts internationaux en médecine féline, l’ISFM suggère un contrôle tous les 6 mois pour les chats de plus de 7 ans[3].


Bibliographie

  1. Lulich JP, Osborne CA, O’Brien TD, et al. Feline renal failure: questions, answers, questions, Compendium on Continuing Education for the Practising Veterinarian, 1992; 14: 127-152.
  2. Etienne Cote, Clinical Veterinary Advisor, 3rd edition, Elsevier, 2015
  3. ISFM consensus guidelines on the diagnosis and management of feline chronic kidney disease, Journal of feline medicine and surgery, 2016; 18: 216-23.
  4. Elliott J. et Elliott A. Denis, Encyclopédie de la Nutrition Clinique féline : traitement diététique de l’insuffisance rénale chronique féline, Royal Canin, 2008
  5. Joanna D. White, Richard Malik and Jacqueline M. Norris, Feline chronic kidney disease: can we move from treatment to prevention?, Elsevier, The veterinary Journal , 2011; 190: 317-322.
  6. N.C. Finch, H.M Syme and J. Elliott, Risk factors for development of chronic kidney disease in cats, Journal of veterinary internal medicine, 2016; 30 : 602-610.


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